Acmo, Visiteur

Une acmo à l’écoute de ses agents

16 juin 2010

Sophie Maget, ACMO – Ville de Nogent-sur-Marne

Entretien avec Sophie Maget, ACMO (Agent Chargé de la Mise en Œuvre des règles d’hygiène et de sécurité) de la Ville Nogent-sur-Marne.

Quel a été votre parcours ?

Je suis Acmo sur la collectivité de Nogent-sur-Marne depuis plus de 4 ans, en charge de l’hygiène de la sécurité et de la prévention.
J’ai un bac medico-social, j’ai assisté à la formation de base acmo, mais je me suis surtout formée sur le terrain, aussi je me considère comme autodidacte.

Lorsque j’ai pris mes fonctions, j’avais un peu la casquette de « contrôle », les agents pensaient que j’étais envoyée par la hiérarchie pour contrôler ce qui ce passe dans les services, mais depuis ils ont appris à me connaître, voir les actions que j’ai pu mener, constater l’amélioration des conditions de travail, etc. Aujourd’hui, nous avons des échanges concrets, très constructifs, et nous avons une vraie adhésion de la part du personnel.

Les agents sur la collectivité sont en demande, régulièrement ils viennent me voir pour soulever une problématique. Comme je suis seule sur toute la collectivité et que je ne peux être tout le temps sur le terrain, c’est très important que les agents aient suffisamment confiance pour m’interpeler sur des problématiques.

Combien y a-t-il d’agents au sein de la collectivité de Nogent-sur-Marne ?

600 ! Nous avons tous les corps de métier, de l’éducatrice de jeunes enfants, en passant par l’atsem, le menuisier, le garagiste, les responsables des espaces verts, mais aussi les postes administratifs, les postes à responsabilités / cadres…

A quelles problématiques êtes-vous confrontée ?

Aujourd’hui, mes axes de priorité sont :

  • Le travail en hauteur (je travaille notamment sur un gros dossier qui concerne un couvreur),
  • les problématiques liées à la manutention manuelle, en ce qui concerne notamment le ramassage des encombrants et plus spécifiquement des déchets sauvages. Pour ce cas, nous privilégions la protection collective. Nous avons fait appel à un ergonome de l’Amet (médecine prévention) pour trouver un véhicule pour ces équipes qui rencontrent beaucoup de contraintes dans la commune comme les difficultés de stationnement, le manque de temps pour manutentionner… Il y a eu plusieurs accidents du travail, donc je les ai rencontrés, nous avons procédé à l’évaluation des risques. Dès le départ ils se sont beaucoup impliqués, ils ont été réceptifs par rapport à la démarche.
  • et le risque chimique. Nous avons justement un appel d’offres (AO) en cours (qui nous a permis d’étudier la réglementation, et notamment la réglementation sur Reach, le nouvel étiquetage, les obligations du prestataire, les questions de développement durable et d’écologie…). Cet AO concerne le personnel d’entretien. Pour ces agents, nous avons d’abord tenu à les sensibiliser et les former. Tous ont été formés pendant 3 jours sur les risques auxquels ils peuvent être confrontés (risques liés à l’utilisation de machines, le risque électrique, risque chimique, utilisation des équipements de protection individuelle (EPI), l’étiquetage, les fiches de données de sécurité…). Ensuite, nous avons entrepris un travail important sur le matériel mis à disposition, les produits, les EPI… Mais depuis, nous avons rencontré des problèmes d’allergies liés à la manipulation des produits. Le médecin de prévention nous donc a demandé de retirer certains produits, ce qui nous oblige à réétudier le dossier. Par ailleurs, nous devons également repenser nos choix de gants car certains se déchirent, ou certains agents ne les utilisent pas pour cause de dextérité ou d’habitude..

Voilà comment nous travaillons ; je rencontre souvent les agents pour comprendre leurs problématiques, échanger avec eux… et à partir de là, je peux avancer sur les dossiers. Aucune décision n’est prise sans que les agents soient sollicités.

Le plus compliqué, comme pour tout préventeur, c’est la mise en place des solutions que nous avons préconisées. Pour ma part, au-delà de mon rôle de conseil, je m’attache à ma mission d’accompagnement, je m’implique dans le choix, les démarches, les prises de contact…
Depuis 4 ans, je m’aperçois qu’il y a une plus grande prise de conscience de la part du personnel sur le port des équipements de protection individuelle par exemple.
Mais le vrai défi aujourd’hui, c’est d’arriver à penser autrement. Selon la situation, un EPI ne suffit pas. Il y a un vrai travail de fond à mener sur la protection collective, la sensibilisation et la formation.

Sur ce dernier point, il très important pour un acmo de se créer des réseaux internes et externes. Ma responsable c’est la Directrice des Ressources Humaines ; je travaille beaucoup avec la responsable formation à qui je soumets chaque année un programme de formations ; je travaille également avec la personne en charge des maladies professionnelles et des arrêts de travail (nous faisons d’ailleurs les visites d’enquêtes « accident de service »). Bref, on ne peut pas avancer seul, il faut sensibiliser chacune des personnes à une meilleure prise en compte de la prévention pour réduire les risques, et être à l’écoute de tout le monde !

Pour finir, qu’attendez-vous de votre visite du Salon Expoprotection ?

Dans les collectivités, les acmo n’ont pas la formation technique. Nous connaissons bien la réglementation et les solutions réglementaires à mettre en place mais pour nous il est important d’aller sur des salons pour avoir un visuel, pouvoir échanger avec des professionnels. Ces visites nous permettent de voir concrètement les solutions qui sont envisageables sur le terrain, et d’avoir des contacts lorsqu’on doit conseiller les chefs de service dans des investissements de matériels correspondant à la réglementation en vigueur. On récupère de la documentation, on a un échange, une discussion par rapport aux contraintes de terrain. Quand on est face à des professionnels qui connaissent bien leurs équipements, ils peuvent nous proposer des solutions complémentaires.

Entretien téléphonique mené le 7 juin 2010

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